Dijon : L’insécurité à l’hôpital existe

logo-lerc.jpgLa recrudescence des violences à l’hôpital met en exergue la question de la sécurité du personnel soignant. Certains évoquent aujourd’hui la mise en place d’une présence policière.

L’insécurité dans les grands centres hospitaliers est une réalité que les infirmières et les médecins vivent presque quotidiennement. Si le phénomène est national, le CHU de Dijon n’échappe pas à la règle. Cela dit, l’insécurité recouvre différents aspects : incivilités, insultes, menaces et, parfois, agressions physiques.

Ces violences, elles existent surtout au service des urgences. Et le plus souvent la nuit. Ce que confirme cet agent hospitalier rencontré ce vendredi : « Il y ath-10.jpg l’insécurité qui vient des patients agressifs, ivres et qui se rebellent. Mais le vrai problème, c’est qu’on a qu’un seul agent de sécurité la nuit, pour tout le service. Et comme il n’y a pas assez de moyens financiers, on n’a pas de vigile toutes les nuits. Certaines nuits, on est que des nanas à travailler… Dans ces cas-là, on demande aux brancardiers hommes des ambulances de nous prêter main-forte ou on laisse partir ces patients qui veulent s’échapper des urgences. On n’est pas là pour se faire taper dessus… »

Pas assez de personnel, pas assez de moyens

Outre ces patients difficiles à gérer, il y a les autres, ceux qui sont en salle d’attente et qui ne nécessitent pas une prise en charge urgente, au sens propre du terme. « Il y a des défauts de communication avec la salle d’attente, faute de personnel. De notre côté, on est débordés. Et ça finit par engendrer une vraie violence verbale », témoigne cet autre agent. « Dans d’autres CHU en France, il existe des agents de convivialité ; ce que nous n’avons pas ici. On a déjà remonté cette demande à la direction. On nous a répondu qu’il n’y avait pas assez de moyens. »

Au final, selon ces témoignages, il y aurait autant de violences de la part de certains patients que de la part de certaines familles qui les accompagnent. « C’est pour nous de la fatigue psychologique. Moi, toutes ces violences, je ne les vis pas bien. On voit des gens en souffrance, on fait ce qu’on peut. On est là pour les aider. Je connais des infirmières qui rentrent chez elles et qui le vivent très mal, qui ressassent tous ces événements. »

Ces tensions, les médecins aussi les subissent. Ce que confie ce praticien : « Ça fait 13 ans que je travaille aux urgences et l’insécurité est devenue de plus en plus importante. C’est surtout de l’irrespect et de l’agression verbale. Il m’est même arrivé de me faire menacer ; en me disant qu’on me retrouverait dehors… On en est arrivé à un stade où on aimerait qu’il y ait deux policiers en permanence devant l’entrée des urgences… »

La police justement. Les personnels hospitaliers du service des urgences travaillent en étroite collaboration avec la police nationale, qui intervient régulièrement, avec le délai d’intervention que cela suppose. Un local lui est même réservé. « J’ai déjà fait appel à la police après des menaces sérieuses », poursuit le médecin. « Il suffit qu’on soit une équipe de nuit exclusivement féminine et on se sent vraiment en détresse, on se sent vulnérable. Et on se dit que tout peut arriver… »

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