ecologie

Ayrault pour une agriculture performante économiquement et écologiquement

logo-lerc.jpgLe Premier ministre Jean-Marc Ayrault a assuré lundi au salon de l'agriculture qu'il était possible de concilier performance économique et souci écologique dans les champs.

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"Il n'y a pas à opposer d'un côté la qualité environnementale, de l'autre coté la performance économique. Au contraire, cherchons (les) ensemble. Et nous sommes en train de (les) trouver", a déclaré Jean-Marc Ayrault, concluant une visite de quatre heures Porte de Versailles, où l'accueil fut plutôt bon enfant.

"Il n'y a pas à opposer non plus les différents modes de production, les circuits courts, l'agriculture bio, mais aussi l'industrie agroalimentaire" et "il n'y a pas à opposer la distribution en France et la conquête de marchés à l'export", a-t-il énuméré, rappelant que le secteur comptait pour 15% des exportations du pays.

Des déclarations qui font écho au projet pour l'agriculture défendu par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, qui pense que la double performance économique et écologique (l'agroécologie) est l'avenir de l'agriculture.

Une orientation qui a d'abord suscité la méfiance de la FNSEA, principal syndicat agricole, les agriculteurs se disant étranglés par les normes environnementales à respecter. Mais ces dernières semaines, le ton semblait un peu plus ouvert sur le sujet.

Par ailleurs, le Premier ministre a tenu à rappeler le rôle que l'industrie agroalimentaire française aurait à jouer dans l'exposition universelle de Milan, en 2015.

Transition énergétique : les écologistes ont « des inquiétudes »

logo-lerc.jpgLa secrétaire nationale d'Europe écologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, s'inquiète, dans le Journal du dimanche, de la tournure du projet de loi sur la transition énergétique, insistant sur la possibilité d'une « rupture » avec le gouvernement sur ce sujet.

« Nous avons des inquiétudes. Les délais doivent être tenus, le texte doit êtreprésenté en juin au Conseil des ministres », déclare Mme Cosse à propos de ce texte de loi, qui « va permettre au président de la République de respecter sesengagements, notamment sur la part du nucléaire dans la production électrique ».

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« Pour cela, il faudra un mécanisme concret inscrit dans la loi et un plan d'investissement sur les énergies renouvelables, détaille-t-elle. Par ailleurs, cette loi permettra de redonner du pouvoir d'achat aux Français en les aidant à réduireleur consommation et donc le montant de leur facture. Mais si le texte de loi est mauvais et ne permet pas qu'on le vote, alors cela marquera notre rupture avec le gouvernement. » 

NOTRE-DAME-DES-LANDES : « ENTENDRE » LA MOBILISATION

Selon Mme Cosse, la fermeture de Fessenheim doit être actée dans la loi et« créera de l'emploi avec le développement d'une filière de démantèlement. D'ailleurs, si pour remplacer des centrales vieillissantes on ouvrait de nouveaux EPR, cela se fera sans nous », dit-elle. 

En matière d'écologie, le président François Hollande « peut clairement mieux faire », juge-t-elle plus généralement, parlant de « ratés » et de « beaucoup d'atermoiements »La responsable écologiste estime qu'il y a « de fortes résistances » à la transition énergétique au sein du gouvernement, « notamment à Bercy ».

Un peu plus loin, elle attaque frontalement le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, estimant qu'il « ne parle que de la grandeur de la France, de ses industries passées et jamais de celles d'avenir ». Avant d'enfoncer le clou :« On se demande parfois si Montebourg ne se rêve pas en ministre de Georges Pompidou », ironise-t-elle.

Interrogée sur les violences commises samedi à Nantes en marge de la manifestation contre le projet d'aéroport, Emmanuelle Cosse dit qu'elle les condamne « bien sûr ». Avant d'ajouter :  « Ce n'est pas parce que des casseurs ont commis des actes de violence et des dégradations inadmissibles qu'il fautrester sourd face au succès de cette mobilisation populaire. J'espère que le gouvernement saura l'entendre ».

Les abeilles continuent de disparaître en France, la récolte de miel au plus bas en 2013

logo-lerc.jpgLa France n'est plus autosuffisante en miel, loin de là.

Seules 15 000 tonnes de miel ont été produites en 2013 dans l'Hexagone, soit la récolte la plus faible jamais connue, rapporte RTL mardi 11 février. En vingt ans, elle a diminué de moitié.

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A l'origine de cette chute de la production, l'hécatombe dans les ruches françaises, précise la radio. La faute aux grandes cultures, qui privent les abeilles d'un butinage équilibré, mais aussi aux parasites et aux pesticides, dans le viseur des apiculteurs.

Les professionnels réclament au gouvernement d'aller plus vite sur le plan de réduction des pesticides, explique la station. Décidé lors du grenelle de l'environnement il y a six ans, il ne sera appliqué qu'en 2018. D'ici là, la France devra se contenter de miel importé venu d'Europe, d'Argentine et surtout de Chine, sans garantie de qualité selon RTL.

Les pesticides, « deux à mille fois plus toxiques » qu’annoncé, dit une étude

logo-lerc.jpgLe biologiste Gilles-Eric Séralini, déjà à l’origine de l’étude controversée mettant en cause le maïs OGM NK 603 et le pesticide Roundup de Monsanto en 2012, remet le couvert.

Avec ses collègues de l’université de Caen et du Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), il signe cette fois une étude sur la toxicité des pesticides sous leur forme commerciale – c’est-à-dire assaisonnés d’adjuvants – et non plus limitée à la substance active, jusqu’alors seule prise en compte.

Différence notable : un institut public légitime cette nouvelle étude.

Jusqu’à « 1056 fois plus toxique » qu’annoncé

Les résultats de l’étude de Séralini en mettent à nouveau plein la vue : dans leur composition intégrale, les pesticides seraient de « 2 à 1 000 fois plus toxiques » pour les cellules humaines que lorsqu’ils sont considérés à partir de leur seule substance active.Pesticides toxicite

Elle conclut que sur neuf des « principaux » pesticides utilisés dans le monde (dont le Roundup), « huit formulations sont clairement en moyenne des centaines de fois plus toxiques que leur principe actif ». Et jusqu’à « 1 056 fois plus toxique » pour le pesticide à base de tébuconazole (un fongicide autorisé en France).

En cause, selon Séralini et ses équipes, les adjuvants, qui « sont souvent confidentiels et déclarés comme inertes par les fabricants ».

Une étude automatiquement controversée

Les résultats de cette nouvelle étude pâtissent du statut controversé du professeur Séralini, dont la précédente étude choc avait été publiée puis retiréede la revue Food and Chemical Toxicology, celle-ci estimant que « les résultats présentés, s’ils ne sont pas incorrects, ne permettent pas de conclure ».

De même, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en avait contesté les protocoles, le nombre de sujets étudiés (200 rats) étant jugé trop faible.

L’Anses notait néanmoins alors « l’originalité de cette étude » abordant le sujet, « jusqu’ici peu étudié », des effets à long terme (deux ans, en l’occurrence) des OGM associés aux pesticides.

Séralini affirmant de son côté que la marche arrière de Food and Chemical Toxicology était motivée par l’arrivée dans le comité éditorial de la revue de Richard Goodman, un biologiste ayant travaillé pour Monsanto.

L’Inserm alerte sur la question des adjuvants

Mais cette nouvelle étude de Séralini sur la toxicité effective des pesticides en formulation, publiée dans la revue Biomed Research International, fait cette fois écho au récent rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

En juin dernier, dans une longue publication ] consacrée aux effets des pesticides sur la santé, l’Inserm avait déjà alerté sur la question des adjuvants, confirmant que ces derniers « peuvent posséder leur propre toxicité ou interférer avec la substance active ».

Ce que l’étude de Séralini prétend aujourd’hui brutalement démontrer. Ce qui contredit également Eugénia Pommaret, directrice de l’Union des industries de la protection des plantes (Uipp), perçue comme le « lobby des fabricants de pesticides », lorsqu’elle déclare :

« Tous les pesticides étudiés dans la publication [de Séralini] ont déjà été pleinement évalués avec des études de toxicité in vivo. Ces études doivent confirmer l’absence d’augmentation significative de la toxicité de la formulation par rapport à la toxicité de la substance active seule. »

« Ce qui est testé n’est pas ce qui est employé »

L’association Génération Futures, qui mène un combat de longue date contre les pesticides, s’est félicitée de cette nouvelle étude :

« [Elle] remet en cause le mode de calcul des doses journalières admissiblescalculées aujourd’hui à partir de la toxicité de la substance active seule, ainsi que la procédure d’évaluation du risque des pesticides qui ne prévoit pas l’obligation de tests pour la toxicité chronique des pesticides en formulation. »

Son porte-parole, François Veillerette, a ensuite réagi à la communication de la directrice de l’Uipp :

« C’est d’autant plus inacceptable que l’Anses elle-même a relevé le manque des tests sur les effets chroniques des pesticides tels qu’ils sont vendus et utilisés. Ce qui est testé n’est pas ce qui est réellement employé par les agriculteurs. »

Pesticides : un manque de transparence avéré

Au terme de son rapport de 150 pages, l’Inserm – établissement public hors de tout soupçon de partialité – soulignait déjà « le manque de transparence en termes de composition intégrale des produits (adjuvants) pour des raisons de secret industriel ».

Joint au téléphone, Xavier Coumoul, cosignataire de ce rapport, spécialisé en pharmacologie et toxicologie, confirme la légitimité de l’étude de Séralini :

« Il est évident qu’il est nécessaire d’avoir accès à la formulation précise des pesticides. Et si Séralini en arrive à des résultats d’une telle ampleur, ça légitime qu’on y ait accès. Pour ma part, je n’ai jamais eu complètement accès aux formulations. »

Antonin Iommi-Amunategui

Greenpeace traque les OGM et les pesticides dans les assiettes

 logo-lerc.jpgL'association écologiste Greenpeace a mené samedi une action d'information dans une vingtaine de supermarchés en France pour alerter les consommateurs sur les dangers des OGM et des pesticides "tueurs d'abeille".

Cette initiative visait à promouvoir le lancement d'un guide précisant la situation de 150 marques et de 300 produits alimentaires par rapport à la présence possible de l'un ou l'autre de ces composants.

"Nous voulons que l'agriculture écologique devienne la norme et pour cela, impliquer les consommateurs afin qu'ils puissent choisir en connaissance de cause", a expliqué à des journalistes Magali Martin, qui conduisait l'opération menée au Super U d'Hoenheim (Bas-Rhin), dans la périphérie de Strasbourg.2014 02 08t130542z 1 apaea1710dk00 rtroptp 3 ofrtp france greenpeace ogm pesticides 20140208

Bien que n'ayant pas été annoncée, l'intrusion pacifique de la dizaine de militants venus distribuer leurs fascicules en arborant, sur des affichettes, le slogan "Produits de l'agriculture toxique, ouvrez l'oeil!", a été accueillie avec bienveillance par les responsables de la grande surface.

"Tout ce qui touche à l'écologie, aujourd'hui, on ne peut qu'être pour", a reconnu le directeur Daniel Arnold. "Mais j'ai 17.000 clients par semaine. Ce sont eux qui décident et après eux, les industriels."

La réglementation européenne impose l'indication de la présence d'OGM dans un produit alimentaire dès qu'elle dépasse le seuil de 0,9%, mais Greenpeace dénonce le fait qu'elle ne dise rien des produits animaux issus de bêtes elles-mêmes nourries avec des OGM.

Quant aux pesticides incriminés, ils sont pour certains autorisés, pour d'autres en voie d'interdiction ou font l'objet de batailles juridiques entre les fabricants, les syndicats d'apiculteurs et les autorités européennes.

Le classement de Greenpeace, qui porte moins sur la présence de ces substances que sur la capacité du fabricant à en garantir l'absence, se fonde sur les réponses apportées par les marques à un questionnaire. L'association se réserve le droit de vérifier leurs dires par des analyses.

"57% des marques ayant répondu se fournissent en produits issus de l'agriculture toxique. Plus de la moitié des marques interrogées ont aussi préféré ne pas répondre à ce questionnaire", souligne-t-elle dans un communiqué.

Parmi les groupes de distribution, Casino, Carrefour, Intermarché et Auchan ont joué le jeu concernant leurs marques propres mais Leclerc a refusé.

Une majorité des marques ayant répondu ont toutefois engagé une démarche visant à garantir l'absence d'au moins un des composants dénoncés par Greenpeace.

Gilbert Reilhac, édité par Marine Pennetier

"Le monde est en crise? Investissez dans l'agriculture vivrière"

logo-lerc.jpgRésoudre la crise alimentaire mondiale grâce à une agriculture durable ne pourra se faire qu'avec l'aide des 500 millions de petites fermes des pays du Sud, soutenues par l'innovation du privé comme du public, estime Jérôme Bossuet, ingénieur et consultant.

En 2050, il faudra nourrir plus de neuf milliards de personnes. La FAO estime qu'il faudra augmenter la production alimentaire de 70%. Manque d'eau, nouvelles terres arables à conquérir, industries des engrais qui épuisent des ressources finies: comment peut-on imaginer produire plus avec moins? La réponse se trouve peut-être dans les 500 millions de petites fermes familiales des pays en voie de développement. 

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Inventeurs, investisseurs, organismes de développement, entreprises, ONG, et autres experts agricoles se réunissent à Abu Dhabi du 2 au 6 février pour réinventer l'agriculture de demain. Une réunion sans précédent consacrée à des innovations inédites pour produire plus, mieux et de façon plus durable. 

Innover pour produire plus, mieux, de façon plus durable et compétitive, tel est le défi de ce forum. L'événement rassemble un panel sans précédent d'inventions qui vont probablement changer radicalement la façon dont notre viande, nos légumes et notre pain seront produits. Avec parfois un positionnement futuriste, comme le burger de viande artificielle, des élevages de poissons en circuit fermé, un blé qui peut fixer l'azote comme une légumineuse pour réduire ses besoins en engrais... 

Les grands groupes agroalimentaires comme Cargill ou Nestlé demandent une nouvelle vision de l'agriculture pour pouvoir nourrir neuf milliards de personnes en 2050, tout en préservant des ressources naturelles en constante diminution. Ils investissent déjà dans l'agriculture de demain pour produire plus, avec un moindre impact environnemental. On est d'ailleurs surpris d'apprendre queGoogle Ventures investit dans une start-up de biochar, un biofuel et biofertilisant. 

Mais qu'en est-il des 500 millions de petites fermes dans les pays en voie de développement? Quelles réponses le forum d'Abu Dhabi offre-t-il à ces paysans? 

Innover -et investir- pour la petite agriculture du Sud est une nécessité. Prenons l'exemple du Sahel. Avec une croissance démographique de plus de 3% par an comme au Niger, et une hausse probable des températures de plus de deux degrés d'ici 2050, les perspectives sont inquiétantes. 

Si l'on veut résoudre la crise alimentaire mondiale et le défi d'une agriculture plus durable, on ne peut ignorer les millions de familles paysannes des pays du Sud qui vivent sur moins d'un hectare, eux qui produisent plus de la moitié de l'alimentation mondiale et constituent pourtant la majorité des malnutris. C'est un enjeu de solidarité, mais aussi de croissance économique. 

William Dar, directeur d'Icrisat, institut de recherche international spécialisé dans l'agriculture tropicale en zone semi-aride, et panéliste de la table ronde "Les frontières de l'agriculture en zones arides", appelle à un contrat social et une approche collaborative entre les différents intervenants du secteur du développement, sans oublier le secteur privé. 

Des solutions techniques existent déjà pour faire reculer la faim dans ces régions arides déshéritées, certaines présentées à Abu Dhabi. Il y a par exemple des systèmes d'irrigation ultra économes en eau, comme le diffuseur enterré, qui permettent de réduire de 80% les besoins en eau de la plante. La recherche développe aussi des semences des principales cultures, résistantes à la sécheresse et aux maladies comme la variété de pois chiche Arerti(Arerti signifie " n'a pas peur de la sécheresse " en langage local), adoptée par Temengush Dhabi en Ethiopie. 

Depuis plusieurs décennies, instituts de recherche internationaux -comme le réseau CGIAR dont fait partie Icrisat ou le Cirad- et nationaux, ONG, entreprises et paysans eux-mêmes ont innové pour améliorer la production de la petite agriculture des pays dits du Sud. Cependant, l'adoption de telles innovations est encore trop limitée aux vues des besoins. Il faut imaginer d'autres façons d'innover et de collaborer entre acteurs locaux et internationaux, entre le secteur public et privé pour que plus de paysans en profitent. 

William Dar propose une piste: un développement inclusif tiré par le marché, l'inclusive market-oriented development en anglais. Prenons l'exemple de la question de la fertilisation du sol, facteur clé des rendements agricoles. La recherche agronomique au Sahel a montré que les sols étaient presque toujours déficients en nutriments. Une solution adaptée à la petite taille des exploitations et à leurs faibles ressources pour investir est le micro dosage . En distribuant manuellement une petite quantité d'engrais au pied des plantes, un sixième de la quantité habituelle recommandée, les rendements peuvent doubler. 

Cependant, l'innovation technique ne suffit pas. Pour une adoption à grande échelle, il faut qu'elle soit accessible, à un prix abordable et avec un retour sur investissement rapide. Ainsi, pour que de nombreux paysans puissent utiliser la méthode de micro dosage d'engrais, il faut inventer un modèle économique pour qu'ils aient les finances pour acheter cet engrais, comme le système dewarrantage. Des paysans se regroupent en association pour acheter à meilleur prix les intrants, pour stocker leurs récoltes dans des silos communautaires et les vendre au meilleur prix.  

Ces paysans rentrent alors dans un cercle vertueux: avec une meilleure fertilisation, ils obtiennent de meilleures récoltes; en s'organisant en association, ils vendent à meilleur profit, et peuvent réinvestir sur leur ferme en acquérant plus d'intrants ou d'autres innovations qui amélioreront la productivité et les revenus. 

Mais comment faire si le village en question n'a pas la possibilité de se fournir en engrais à des kilomètres à la ronde? En Afrique de l'Ouest, le réseau d'agrofourniture est très disparate, ce qui pénalise grand nombre de paysans qui ne peuvent accéder aux intrants, à l'équipement. En impliquant le secteur privé, et tous les acteurs le long de la filière agricole concernée, on assure une continuité. 

Le programme engrais d'Afrique de l'Ouest, coordonné parInternational fertilizer development center, par exemple travaille avec les entreprises d'agrofourniture pour réduire la distance entre la ferme et les lieux de vente, développer des conditionnements adaptés aux petites parcelles, et des applications mobiles pour conseiller les paysans pour un usage optimal des engrais selon les types de sol. 

Il faut que les entreprises intègrent les petites fermes dans leur stratégie, en repensant par exemple le conditionnement, adapté aux petites parcelles, ou leur stratégie commerciale. Ainsi, Leldet Seeds, une petite compagnie semencière au Kenya, conditionne des variétés améliorées de plantes tolérantes à la sécheresse, comme le sorgho, le mil, en petits sachets d'un dollar et les vend auprès des femmes, souvent plus ouvertes à l'expérimentation. Le succès des récoltes malgré le manque d'eau fait le reste. 

Le bonus pour les entreprises, c'est un nouveau marché de millions de clients potentiels à conquérir. Cependant, avant d'avoir un retour sur investissement intéressant, les risques sont grands pour les entreprises face à des infrastructures souvent défaillantes. Des partenariats public-privé sont à trouver pour relever le défi. Ce développement inclusif orienté vers les marchés peut être un vrai moteur de développement économique et social pour les régions rurales défavorisées. 

A ce jour, le micro dosage est appliqué sur une surface estimée de 1,2 million d'hectares en Afrique de l'Ouest. La recherche et développement d'Icrisat sur le micro dosage a eu un retour sur investissement de 44 dollar par dollar investi. C'est la preuve qu'il est possible d'avoir un impact important pour la petite agriculture, pour la sécurité alimentaire d'un pays. L'agriculture est un champ encore immense à défricher en terme d'innovation. Il reste encore beaucoup à inventer pour que les millions de paysans du Sud puissent faire leur révolution agricole. Un secteur d'avenir qui pourrait créer les emplois qui manquent aux millions de jeunes des pays en voie de développement. 

Par Jérôme Bossuet, ingénieur agronome et consultant. 

 

Le réseau Zero waste s'installe en France

logo-lerc.jpgNé en Californie dans les années 1980, le concept du zéro déchet avait fait une tentative avortée d'implantation en France au début des années 2000. 

 N'était-ce que partie remise? Le lancement officiel de Zero Waste France a eu lieu, samedi 1er février, à l'hôtel de ville de Bobigny, devant un parterre de militants et de citoyens convaincus que l'incinération et la mise en décharge ne sont pas des fatalités.

« Nous avons choisi l'appellation Zero Waste plutôt que Zéro Déchets France, parce qu'en anglais, waste signifie à la fois déchets et gaspillage, et que nous nous inscrivons dans le cadre du réseau Zero Waste Europe », explique Flore Berlingen, directrice du Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid), association porteuse du projet.3432384 3 3edd rossano ercolini president du reseau zero 19b6c3a25b8cb376c456255d8dff10ee

Pour l'occasion, Zero Waste Europe avait délégué à Bobigny sa « star » Rossano Ercolini, un enseignant italien dont les convictions ont fait de la petite ville deCapannori, en Toscane, le pionnier européen du zéro déchet. Lauréat du Goldman Prize 2013, le « Nobel de l'environnement », et reçu à ce titre à la Maison Blanche par Barack Obama, il a expliqué dans un vibrant plaidoyer comment l'engagement de ses concitoyens avait permis de faire reculer de 39 % en dix ans la quantité de déchets produite par habitant et de parvenir à un taux de recyclage de 82 %, soit plus du double de la moyenne européenne.

« Le zéro déchet, c'est un voyage plus qu'une destination », a joliment complété Enzo Favoino, le coordinateur scientifique de Zero Waste Europe, signifiant ainsi qu'il ne s'agit pas de poursuivre une utopie mais d'aller le plus loin possible dans la réduction de la part non recyclable de déchets. Pour cela, les responsables du réseau européen insistent sur trois nécessités : l'abandon du recours à l'incinération, la collecte en porte-à-porte des déchets organiques et le développement de l'écoconception des produits de consommation.

UN ENGOUEMENT SUSPECT

Le réseau Zero Waste Europe, lui-même membre de Zero Waste International Alliance, revendique environ 300 villes membres, situées pour l'essentiel en Italie et dans le nord de l'Espagne, « parce que c'est là que le problème des déchets se pose le plus gravement, en raison de l'inaction de la classe politique et de la corruption », affirme Joan Marc Simon, son directeur exécutif.

En Italie, le nombre de villes adhérentes au mouvement est passé en trois ans de 25 à plus de deux cents, en engouement presque... suspect. « Il faut faire attention, c'est en train de devenir une mode, avertit Rossano Ercolini. Il nous faut suivre ce que réalisent vraiment ces municipalités. »

A Bobigny, où les élus ne se bousculaient pas, Zero Waste France n'a pas été en mesure d'annoncer l'adhésion d'une première collectivité. Ce sera pourtant un passage nécessaire pour espérer faire décoller le mouvement. « Il faut trouver une ville qui ne soit pas trop grande, qui fasse le choix de porter ce projet politique, et élargir le réseau à partir de cet exemple », conseille Joan Marc Simon.

Qui sera le premier à se lancer ? Des communautés d'agglomération ou de communes comme le Grand Besançon ou la Porte d'Alsace, dans le Haut-Rhin, sont déjà en pointe sur la question des déchets ménagers. Le Capannori français se trouve peut-être parmi elles.

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Exploiter le gaz de schiste, un "casus belli" ? Duflot confirme

logo-lerc.jpgDécider d'exploiter les gaz de schiste constituerait de la part du gouvernement un "casus belli", a confirmé samedi la ministre Verts chargée du Logement Cécile Duflot.

La ministre a répondu positivement à la question et confirmé sur RTL les propos tenus la veille par la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Emmanuelle Cosse.article-43094a15eb02fbe15327125298762029d275947d.jpg

"Je pense en général et en particulier la même chose qu'Emmanuelle Cosse (...) et ce n'est pas une affaire politicienne ou entre partis: décider d'exploiter les gaz de schiste c'est mettre en péril une partie de notre sous-sol, tout ça parce qu'on ne veut pas engager la vraie transition énergétique qui vise à développer les énergies renouvelables et les économies d'énergie", a déclaré Mme Duflot.

Selon Le Canard enchaîné, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement Productif, veut publier après les municipales un rapport défendant une nouvelle technique expérimentale d'exploitation des hydrocarbures de schiste, à laquelle les Verts expriment une opposition de principe.

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