EDF et GDF Suez se défient dans l'éolien offshore

Les deux groupes remettent aujourd'hui leur offre pour exploiter 1 000 mégawatts au large des côtes françaises.

Jour J pour le deuxième appel d'offres dans l'éolien offshore. Les groupes ­intéressés pour exploiter 1000 mégawatts (MW) supplémentaires au large des côtes françaises - 500 MW à Yeu-Noirmoutier (Vendée) et 500 au Tréport (Seine-Maritime) - remettent aujourd'hui leur dossier à la commission de régulation de l'énergie (CRE). Celle-ci disposera de quatre mois pour les instruire. Le verdict, communiqué par les pouvoirs publics, sera donc connu au printemps, soit deux ans après les résultats du premier appel d'offres - portant sur 2000 MW. La note finale repose sur trois critères: le prix à hauteur de 40 %, le plan industriel à hauteur de 40 % également, enfin la dimension environnementale du projet pour 20 %.

En fait de candidats, la bataille pour ce deuxième appel d'offres va donner lieu à un duel au sommet entre les deux géants français de l'énergie, EDF d'un côté - via sa filiale EDF Énergies nouvelles (EDF EN), GDF Suez de l'autre. Tandis que le premier fait équipe avec Alstom comme fournisseur d'équipements et l'allemand WPD, GDF Suez est accompagné par Areva, Électricité du Portugal (EDP) et Neoen.

Baisse des coûts

Si aucun des acteurs ne doute de la solidité de son projet, de nombreux observateurs se montrent circonspects sur le potentiel exact de cette source d'énergie. «En réalité, de nombreuses incertitudes perdurent, pêle-mêle sur le coût des travaux en mer, sur la durée de vie des installations et sur le prix exact de l'électricité produite, souligne l'expert Lionel Taccoen. Par ailleurs, il semble difficile de réaliser des gains de productivité. Tout ceci doit inciter les opérateurs à y regarder à deux fois avant de se lancer.»

Précisément tous les opérateurs en lice lors du premier appel d'offres ne sont pas en piste à l'occasion de ce nouveau round. C'est le cas notamment de Siemens, présent précédemment aux côtés de GDF Suez et qui regrette de ne pas avoir été sélectionné par un fournisseur d'électricité. Pour autant, le groupe allemand insiste sur sa volonté de bâtir une véritable filière européenne des énergies renouvelable et rappelle que 1 200 éoliennes offshore construites par ses soins fonctionnent actuellement en Europe. Une optimisation des coûts étaye ses ambitions puisque Siemens prévoit de baisser le prix de revient de l'éolien offshore de 40 % à l'horizon de 2020.

En attendant, les professionnels sont encore prudents quant à la capacité de bâtir une véritable filière industrielle dans l'Hexagone. Pour France Énergie Éolienne (FEE), l'association qui recouvre plus de 90 % de la capacité installée des éoliennes sur le territoire, la politique d'appels d'offres ne suffit pas «pour saisir les opportunités d'un marché européen pilote et d'un marché mondial en pleine ébullition».

Pour atteindre des coûts d'investissements et des prix de l'électricité «tout à fait compétitifs», FEE juge indispensable de fixer des objectifs de volume, d'adapter le cadre légal et administratif et d'anticiper les défis du raccordement des installations au réseau. Bref, le déploiement de l'offshore français ne fait que commencer

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