Serge Latouche, objecteur de croissance.

484px-serge-latouche.jpgSerge Latouche est l'un des « contributeurs historiques » de la Revue du MAUSS, professeur émérite à la faculté de droit, économie et gestion Jean Monnet (Sceaux) de l'Université Paris-Sud 11. Il est directeur du Groupe de recherche en anthropologie, épistémologie de la pauvreté (GRAEEP). Il est l'un des fondateurs de la "Revue d'étude théorique et politique de la décroissance" Entropia. Il dirige depuis 2013 la collection "Les précurseurs de la décroissance" aux éditions Le Passager clandestin.

Travaux

Influencé par les travaux de François Partant, Serge Latouche est membre fondateur et ancien président de l'association La ligne d'horizon, dont l'objectif est de poursuivre la réflexion que François Partant a exprimée dans ses livres et dans ses articles.

Dans le domaine des sciences humaines, il a développé une théorie critique envers l'orthodoxie économique, et dénoncé l'économisme, l'utilitarisme dans les sciences sociales et la notion de développement. Il critique notamment à travers une argumentation théorique et une approche empirique nourries de nombreux exemples, les notions d'efficacité et de rationalité économiques. Il est également très critique à l'égard de la notion de développement durable qu'il considère comme une imposture et une ineptie.

Il est un des penseurs et des partisans les plus connus de la décroissance et tente de conceptualiser l'après-développement dans « un combat généralisé et organisé contre le mode de vie, devenu insoutenable, à l'échelle mondiale ».

Les auteurs Jean-Marie Furt et Franck Michel relèvent que « Serge Latouche a dévoilé les dangers de l'uniformisation du monde sous prétexte d'universalisation du modèle politico-économique ».

Source Wikipédia

INTERVIEW sur 20minutes.fr

Economiste et auteur de «Bon pour la casse» (éd. Les liens qui libèrent), Serge Latouche énumère par le menu les différentes façons de lutter contre l'obsolescence programmée...

Une batterie de smartphone qui lâche sans possibilité de la remplacer, l’ordinateur en panne le lendemain de la garantie, autant de défaillances qui n’ont rien d’inopiné ou de très écoresponsable, et que l’auteur de «Bon pour la casse» dénonce justement. 

L’obsolescence programmée est au cœur de votre livre. Pouvez la définir?

La première obsolescence est technique. Le progrès rend obsolète ou inefficace un objet qui n’est pourtant pas usé. Le nouveau produit est simplement plus performant, plus adapté. La deuxième obsolescence est symbolique ou psychologique. On parle d’effet de mode. Là aussi, le capitalisme et la production en série ont accéléré le phénomène, pour susciter l’achat. Enfin, l’obsolescence programmée telle qu’on la conçoit aujourd’hui, se définit comme l’introduction d’un élément de défaillance dans un produit. A chaque génération, les produits Apple offrent un cocktail des trois. Mais ce ne sont pas les seuls.

Comment lutter?

Le think tank du parti socialiste, Terra Nova, et Les Amis de la terre, ont planché sur cette question. Leur première proposition a été d’écrire une loi condamnant les cas avérés d’obsolescences programmée. Je ne crois pas qu’on ait besoin de nouvelles lois. Les consommateurs ont pu prouver un ou deux cas de défaillances par le passé, mais ce genre d’affaire prend des mois en procès... On parle aussi d’allonger la durée de garantie obligatoire de deux à cinq ans, puis à dix ans. Evidemment, les constructeurs ne vont pas se laisser faire.

A son niveau, que peut faire le consommateur?

Arrêter de consommer! Les gens ont trop intégré cette logique du jetable et du provisoire. De fait, il n’y aura pas de changement sans implication des citoyens. L’Etat et les consommateurs doivent inciter les entreprises à se tourner vers l’écoconception et l’écodesign. Un objet doit pouvoir être perfectible, réparable et réutilisable. On pourrait tout à fait imaginer un ordinateur portable conçu en modules que l’on pourrait changer afin de suivre les exigences techniques, ou le réparer en cas de panne. Le remplacement de l’achat par le leasing est également une piste intéressante. Rank Xerox, par exemple, loue ses photocopieuses au lieu de les vendre. C’est le cas aussi d’Autolib’, pour citer un modèle français. L’entreprise ne fait plus son beurre sur la vente mais sur la maintenance et l’entretien.

L’occasion et le réemploi ont plutôt le vent en poupe. Comment peuvent-ils contribuer à lutter contre l’obsolescence programmée?

La crise favorise en effet ce type de comportement chez le particulier. Seulement, de plus en plus d’objets sont pensés au départ pour ne pas être réparables. Le bricolage ne fonctionne que jusqu’à un certain point. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer des représentants d’Emmaüs ou du site Leboncoin.fr. Ce n’est pas un hasard si leurs ventes se concentrent sur les meubles et des vêtements, ils ne peuvent pas réparer ce qui est conçu pour ne pas l’être. Le marché de l’occasion et du réemploi est une initiative à encourager mais sans rupture radicale, le gaspillage à l’arrivée restera énorme.

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